UN PEU D’HISTOIRE…sur 1949,la crise de l’éveil.

par  kantikors aqvayli

Les faits sont têtus : il n’y a pas dans l’esprit des berbéristes de 1949, aucune haine de l’Islam et encore moins de racisme anti arabe. Écoutez Idir Aït Amrane, l’auteur de l’hymne « Ekker a mmis umazigh » et d’autres chants nationalistes en berbère parler de son parcours de militant et de l’hommage appuyé qu’il rend à Moubarak El Mili, pour son livre « Histoire de l’Algérie dans le passé et dans le présent » qui lui a fait prendre conscience de la berbérité de l’Algérie. Rapportez-vous aux chants composés par Laïmeche Ali, le berbériste, et trouvez-moi un vers anti arabe ou anti musulman dans le texte. Encore une fois, les berbéristes que sont Yahia Henine, Laïmeche Ali, Omar Oussedik, Mabrouk Belhocine, Sadek Hadjerès et d’autres, ont-ils prôné un berbérisme » islamophobe et un racisme anti arabe » comme vous le dites ? La réponse est non, et cela effectivement ne résiste pas aux faits. J’ai consulté avec profit la page de Sadek Hadjères grâce au lien qu’a mis sur le site de LQA, le frère WAHID (que je remercie et salue au passage), je vous y invite à y jeter un coup d’œil, c’est un autre témoignage d’un acteur des évènements.
Dire que le berbérisme a été combattu les armes à la main par Radjef, Krim et Bouda, c’est un peu trop court. Quelles armes ? Ce n’était pas la guerre. Qu’on ait usé, en revanche, de violence pour régler une question mise en débat pacifiquement au sein du mouvement national, c’est indéniable. On y a préféré la raison de la force à la force de la raison, et ouvert du coup la voie à tous les dépassements et à l’usage de la force dans la résolution des problèmes politiques. C’est, malheureusement, ce péché originel qui nous poursuit encore jusqu’en 2011.
Bien entendu, ni Radjef, ni Krim ou Bouda n’étaient contre la culture berbère (je ne peux pas le penser), il reste (pardon car je me répète) que si on présentait la revendication berbériste comme une attaque contre la langue arabe et l’Islam et que ces berbéristes font le jeu du colonialisme, d’autant plus que c’est présenté par des dirigeants qui ont toute la confiance des militants et en qui on a le plus grand respect, que serait selon vous la réaction des Krim, Radjef, Bouda et bien d’autres comme Abane ? On n’a pas voulu écouter ces militants, on les a condamnés et exclus sans possibilité de s’exprimer. Jamais la question n’a été discutée. On soupçonne, ces jeunes berbéristes de menées anti nationale, anti arabe ou anti islam? Qu’on les convoque devant les instances disciplinaires du parti pour s’expliquer. On ne l’a pas fait. Pourquoi donc ? Quand on sait qu’un simple militant pour une broutille se retrouve devant la commission de discipline du parti, vous imaginez, un complot berbériste ? Et on fait un black out ? C’est curieux. Je pense pour ma part, que ce que révèle ces jeunes militants c’est une autre vision de l’Algérie, plus complète et moins partielle. Quand Messali, dans un mémorandum à l’ONU fait inscrire et débuter l’histoire de l’Algérie au 7eme siècle et l’inscrit exclusivement dans la culture arabo-islamique, ces jeunes berbéristes ont fait œuvre de salubrité nationale en y rappelant la dimension amazigh de l’Algérie et au-delà de toute l’Afrique du Nord. Quand on revendique une plus grande démocratie dans le parti, et de pousser la direction vers la préparation matérielle de la libération (je rappelle qu’il a fallu un grande lutte avec la direction au congrès de Zeddine en 1947 pour arracher la création de l’OS, entre autre grâce à Bennai Ouali, Aït Ahmed, Ould Hamouda…etc) alors que le parti lui se préparait lui à participer aux élections et de la course aux postes à l’assemblée algérienne, il fallait sans doute trouver un complot pour éviter de répondre aux militants sur l’échec de la stratégie adoptée par la direction.
Et enfin pourquoi voir les berbéristes de 1949 avec les yeux du MAK d’aujourd’hui. En histoire, cela s’appelle un anachronisme. Nous parlons ici de la crise de 1949. Et non de l’évolution de cette question. Si cette revendication a été discutée et réglé sereinement dans le mouvement national, il n’y aurait sans doute aucun problème berbériste. Que le MAK se considère héritiers des berbéristes de 1949, libre à lui. Il n’est pas le seul. Le RCD et le FFS aussi revendiquent cet héritage. Le parti d’Aït Ahmed, un autre acteur des évènements, serait-il islamophobe et anti arabe ? Les animateurs du printemps berbère de 1980 se revendiquaient totalement de ces berbéristes, quels étaient leur slogans ? « Pour Tamazight et l’arabe populaire, Pour les langues et cultures populaires », c’est anti arabe ? Sachez que ce slogan est une revendication des berbéristes de 1949. Vous ne pouvez pas condamner une revendication aussi légitime que généreuse d’il y 60 ans avec le regard d’aujourd’hui. Dans cette logique, vous n’êtes pas loin de condamner aussi la révolution de 1954 au prétexte qu’elle est aujourd’hui aux mains de ses fossoyeurs. C’est aussi un fait.

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