LA TOILE …d’araignée

L’islamisme, héritier naturel de la dictature

Alors que nos deux voisins de l’Est sont confrontés à l’opportunisme islamiste, des voix s’élèvent pour consoler. Ainsi, le politologue et ancien secrétaire général du ministère algérien des Affaires étrangères, Abdelaziz Djerad, faisant écho aux propos rassurants de Bernard Henry-Lévy, déclarait hier : “Il n’y aura pas d’État théocratique en Tunisie. Nos élites au Maghreb confondent un certain nombre de choses. Je ne pense pas non plus que la Libye ira vers un État théocratique. Il y aura peut-être une connotation plus musulmane qu’ailleurs. Je ne pense pas que le péril théocratique s’installera au Maghreb.”

Une connotation plus musulmane… qu’où ? Et pour faire la démonstration de l’impossibilité théocratique, le locuteur assène cette “vérité” : “Il n’y a aucune contradiction entre l’islam et la démocratie.”

Pourtant si, l’on a vu l’islamisme combattre la démocratie ; on ne connaît pas encore de cas où il s’en est accommodé autrement pour accéder au pouvoir. En Turquie, la démocratie subit des agressions répétées de la part du pouvoir AKP. Elle ne doit sa survie qu’à la constitutionnalisation historique de la laïcité. En attendant de réunir les conditions de l’abattre, la candidature à l’Union européenne et l’appartenance à l’Otan contribuent à empêcher que les islamistes n’aillent au bout de leur nature exclusiviste.

Les leçons de l’expérience algérienne ont été méprisées par des politiques qui n’ont pas l’envergure des enjeux historiques et par des intellectuels trop attachés à ne pas sortir du périmètre de la “bien-pensance”. La question s’impose pourtant d’elle-même : est-il possible de passer de la dictature à la démocratie dans les pays musulmans ?

Historiquement, cela n’est pas arrivé. À chaque fois que les peuples ont arraché le droit au choix, celui-ci a, d’emblée, profité aux islamistes. Et cela, pour une raison bien simple : sous les dictatures des pays musulmans, l’islam participe déjà à la composition du discours politique de régimes qui, trop heureux de manipuler ce fond de commerce tombé du ciel, le proclament tous “religion d’État”. De ce fait même, l’islamisme est le seul courant autorisé à s’exprimer publiquement, car bien malin, dans un discours sur la société, qui saurait faire la différence entre la part du discours religieux et la part du discours politique. L’islamisme s’infiltre dans le discours moral et religieux et y distille sa “pensée” politique en tout apolitisme. Toujours tenté par le faire sien pour mieux contrer le discours sécularisant, il lui ouvre la télévision unique, l’école de la pensée totale et ne peut lui fermer le réseau de mosquées ! Le tout est d’en exclure la proposition démocratique qui, pour le despote, constitue la seule menace parce qu’elle propose la restitution du pouvoir au peuple.

L’islamisme finit par s’incruster dans le mode de vie d’une population sevrée de libertés d’expression, d’opinion, de culte… Il n’y a que le commissaire politique du dictateur et le prêcheur, ou leur synthèse sous forme d’instituteur ou d’animateur télé, qui ont droit au chapitre.

Alors, le jour où le droit au libre choix survient, pour bien des électeurs, leur religion est faite. Ceux qui ont fait la révolution démocratique en sont dépossédés pour ceux qui ont eu tout le temps de tisser leur maillage idéologique de la société.

Par : Mustapha Hammouche

UN TEMOIGNAGE…historique

 IL Y A SOIXANTE ANS, LES PIÈGES « IDENTITAIRES » SE METTENT EN PLACE

vendredi 5 juin 2009, par Sadek Hadjerès(Paru en septembre 2000, dans « Deux mille ans d’Algérie », tome III, Carnets Seguier)

En 1947, j’avais dix neuf ans. Après ma première année étudiante, je venais d’obtenir (dans le groupe des trois premiers sur les 3OO candidats), mon certificat de Physique-Chimie-Biologie pour entrer à la Faculté de médecine d’Alger. Parallèlement je militais dans le mouvement associatif patriotique (comme membre du bureau de l’AEMAN) et surtout dans la section universitaire du PPA dont je deviendrai l’année suivante premier responsable, par Sadek Hadjerès 1947 En 1947, j’avais dix neuf ans. Après ma première année étudiante, je venais d’obtenir (dans le groupe des trois premiers sur les 3OO candidats), mon certificat de Physique-Chimie-Biologie pour entrer à la Faculté de médecine d’Alger. Parallèlement je militais dans le mouvement associatif patriotique (comme membre du bureau de l’AEMAN) et surtout dans la section universitaire du PPA dont je deviendrai l’année suivante premier responsable, dans les conditions que je rapporterai, car ce fut par voie d’élection interne à l’organisation, ce qui était jusque là tout à fait inhabituel. Ce faisant, je continuais avec l’ardeur qui était celle de nombreux jeunes de mon âge, à partager mes activités militantes avec la section du PPA de Larbâa, dans la Mitidja. J’y avais animé depuis 1943 le mouvement de masse de la jeunesse (notamment Scouts Musulmans Algériens dont j’étais responsable pour le district de l’Est-Mitidja). Ayant adhéré au PPA en Octobre 1944, je contribuais dans cette localité à partir de 1947 à la sélection des volontaires issus de l’organisation clandestine du PPA pour les verser dans l’OS (organisation spéciale paramilitaire). Je maintenais en même temps des liens informels et amicaux avec les responsables du PPA d’El-Harrach (ex Maison- Carrée) et surtout ceux de Kabylie, dont plusieurs, comme Ali Laïmèche, Ammar Ould Hammouda, Hocine Aït Ahmed, Omar Oussedik avaient été mes condisciples au lycée de Ben Aknoun en 44-45 avant qu’ils ne rejoignent, en le créant, le premier maquis de la Résistance algérienne organisée dès l’été 1945. D’autres poursuivaient, comme Mohammed Aït Amrane en Oranie, une féconde activité militante et de création culturelle dans les localités arabophones où ils résidaient. Dans l’année qui a suivi, chacun de nous, là où il se trouvait, comme de nombreux militants à travers le pays, ressentait à sa façon et selon son itinéraire et sa sensibilité propre, divers éléments d’un malaise qui s’accentuait après la grande vague d’enthousiasme et d’espoir des années précédentes. Les rapports de la base militante faisaient état d’interrogations et d’inquiétudes, mais le plus souvent de façon allusive et en ménageant la direction, en appelant à son intervention, tant était grande encore la confiance dans une direction fortement idéalisée. (Voir à ce sujet la grande surprise dont s’est souvenu Belaïd Abdesselam dans ses entretiens rapportés par Ali El Kenz et Mahfoud Bennoune, lorsque coopté au Comité central du MTLD, il découvre des personnages, une atmosphère et des méthodes qu’il imaginait tout autrement). Ce capital de confiance commençait à être érodé chez ceux qui ne côtoyaient pas directement les membres d’une direction auréolée globalement du prestige de la cause nationale, comme l’était Messali, jusque là notre “Zaïm” (leader charismatique) incontesté. Plusieurs éléments de doute se conjuguaient pour entretenir un marasme qui ne s’était pas encore noué en crise et pouvait être surmonté à ce stade. Il y avait entre autres la lourde déception après les élections de 1948, pour lesquelles la nécessité de participer n’avait pas été expliquée suffisamment et correctement et qui furent massivement truquées dans la violence par le gouverneur socialiste Naegelen. Il y avait l’humiliation de la défaite arabe dans la “ drôle de guerre ” de 1948 en Palestine, alors que la propagande du parti avait chauffé à blanc l’opinion en misant tout sur une Ligue et des souverains arabes inféodés à l’Occident et qu’on n’avait cessé de nous présenter comme incarnant les espoirs de notre nationalisme. Il y avait le mécontentement et le désarroi de la base militante face à ce qui, faute d’explications convaincantes, lui apparaissait comme un immobilisme ou des revirements injustifiés de la direction sur ses orientations radicales précédentes. Le malheur est que celle-ci semblait investir son talent dans le verbiage et les faux-fuyants démagogiques, elle distillait aussi le poison des manoeuvres de diversion et des luttes de clans, en guise de réponse aux inquiétudes montantes. Le tout entretenait un lourd climat, propice aux accrochages et foyers de discordes, faute d’écoute et de dialogue ouvert sur les solutions à mettre en oeuvre. Je ferai état ici d’une des étincelles provocatrices qui ont contribué à alourdir les incompréhensions. Par sa vivacité et sa forte charge émotionnelle, cet épisode s’est fortement inscrit dans ma mémoire, comme un moment de révolte où quelques irresponsables, sans mesurer la gravité de leur geste, ont stupidement miné à mes yeux la fraternité de combat et un minimum d’esprit d’ouverture qui étaient jusque là, en milieu étudiant et dans tout le pays, notre acquis le plus précieux. Alger, 1948. L’AEMAN [1] dont j’ai été puis serai membre du bureau durant quatre années successives (j’en serai l’année suivante élu président), donne au centre du vieil Alger son gala annuel, au siège de l’Opéra, aujourd’hui Théâtre national algérien. C’est la deuxième année, depuis la rentrée universitaire 46-47, que l’AEMAN, dirigée essentiellement par des militants du PPA-MTLD, a consacré une rupture avec les anciennes pratiques qui privilégiaient les activités de « salon » et les relations avec la « haute » société musulmane de notables et bourgeois de bonne famille algéroise. Ces relations demeurent mais les orientations patriotiques ouvertement affichées font jonction avec les couches populaires gagnées par le mouvement nationaliste. L’‘association a quitté son local exigu du siège de l’AGEA (Association Générale des étudiants d’Algérie) qui regroupe en principe tous les étudiants mais où les européens sont dans la proportion écrasante de 10 pour un musulman) au boulevard Baudin, (aujourd’hui Amirouche). Avec l’aide de milieux nationalistes liés au PPA, nous avions ouvert le nouveau siège place de la Lyre, en plein quartier populaire jouxtant la Casbah. Nous y faisons fonctionner un restaurant dont je suis le gérant-trésorier et dont la salle nous donne toutes possibilités de nous retrouver à notre aise, d’organiser conférences, manifestations et invitations de notre choix. Une arrière salle exigüe abrite nos réunions du bureau de l’AEMAN et aussi les contacts plus confidentiels de la direction de la section PPA étudiante. Entourés du brouhaha du marché de la Lyre, des brocanteurs, vendeurs à la sauvette et des cafés qui déversent leurs flots de musique algérienne et orientale dans une rue Randon si encombrée qu’on a peine à y avancer, nous nous y sentons après nos cours déjà presque indépendants. Le gala annuel nous permet justement d’alimenter un budget de fonctionnement substantiel. Nos compatriotes venus en masse des quartiers les plus lointains de la capitale ou d’autres localités de la région algéroise, ont rempli à craquer la salle de l’Opéra, sous les yeux ébahis d’un personnel habitué à un autre public. Venus aider les « leurs », ils attendent fébrilement du programme artistique et culturel annoncé les messages d’espoir et de lutte solidaire, dont la censure coloniale et les préoccupations quotidiennes souvent lourdes les ont sevrés. De notre côté, nous avions préparé soigneusement ce programme, alternant chants, prestations d’artistes, pièce théâtrale, allocutions. Le clou devait en être une adaptation de « Montserrat » en arabe, jouée par des étudiants et dirigée par Mohammed Ferrah. Ce publiciste bilingue avait déployé beaucoup d’entrain et de talent pour animer cette pièce du répertoire de Roblès, dont la ferveur patriotique correspondait bien aux attentes de l’époque. Le rideau va se lever pour l’ouverture de la soirée et l’annonce du programme. Un coup d’oeil de routine sur la liste qui va être lue et il nous apparaît une chose bizarre : le chant « Ekker a mis en Mazigh » (en berbère), n’y figure plus. Sa programmation n’avait soulevé aucun problème, ce chant avait depuis longtemps dans le pays une renommée telle que dans nombre de manifestations sa présentation allait de soi autant que celle de « Min djibalina ». Par exemple, le public à 98 pour cent arabophone de Larbâa, à l’occasion des fêtes du Ramadhan, tout comme le public d’El Harrach originaire de toutes les régions de l’Algérie centrale, à l’occasion des mariages ou fêtes familiales de militants nationalistes, accueillaient sans problème et même avec chaleur cet hymne avec les autres chants en arabe classique ou parlé. Je me souviens en particulier que malgré d’autres thèmes de friction qui furent pour la plupart surmontés, il n’y eut jamais à ce sujet de controverse ni même de campagne de sourdes rumeurs de la part des dirigeants du Nadi l Islah de Larbâa comme Si Mestafa Belarbi ou de la médersa comme le Chikh Mohammed. La raison en était probablement, outre que nos activités communes avaient tissé entre nous des relations de confiance suffisantes, qu’ils avaient jugé sainement, hors de présupposés idéologiques, que ce chant patriotique en berbère ne portait en rien atteinte au programme arabe de ces soirées. Aussi était-il ressenti comme un signe supplémentaire et réconfortant des sentiments de solidarité qui avaient gagné le pays et aiguisaient les espoirs de ses habitants. Peut-être, avons-nous d’abord pensé en cette soirée de l’AEMAN, l’omission du chant berbère sur la liste résultait-elle d’un oubli ou d’une erreur involontaire ? Qui donc avait mis au propre la liste définitive ? On n’arrive pas à le savoir dans le désordre qui règne et s’aggrave avec cet imprévu. L’organisateur du programme culturel, Ferrah, ou quelqu’un d’autre, je ne m’en souviens plus, suggère que tout compte fait, l’ensemble étant très chargé, un ou deux chants de moins nous mettra plus à l’aise. Pourquoi précisément celui-ci, et pas un autre, s’exclame un présent. Un de ceux qui avait eu déjà l’occasion d’exprimer ses conceptions réductrices et chauvines du nationalisme panarabe, (il ne les exposait pas dans les assemblées et débats ouverts mais à la sauvette dans les coulisses) ne peut s’empêcher de vendre la mèche : il vaut mieux, dit-il, ne pas faire de « régionalisme » ! Le gros mot est lâché. En un éclair, chacun saisit que s’appuyant sur deux ou trois comparses, « on » est passé par dessus la tête de la direction politique aussi bien de la section PPA étudiante que du bureau de l’AEMAN, pour tenter à la sauvette ce coup mesquin, sans en mesurer la signification et les conséquences néfastes. Sans doute cela ne venait pas de Bellahrèche, le président de l’association en exercice. Avec son air bonhomme, cet étudiant âgé qui terminait sa Pharmacie, assumait son appartenance au MTLD de façon tout à fait détendue, mais sans équivoque (il en avait été candidat dans une circonscription du Sud contre son propre frère, tous deux issus d’une famille de “grande tente”. L’administrateur de “commune mixte”, n’eut même pas besoin d’appliquer les consignes de violence du gouverneur Naegelen, il se contenta d’établir le procès verbal des élections en inversant les résultats des suffrages portés sur le même nom patronymique). Il était quelqu’un d’avenant, ouvert et loyal, incapable de coups tordus de cette espèce. Il en était de même de la plupart des étudiants arabophones. Aussi les soupçons se portent dans nos esprits sur un petit groupe lié à des “ apparatchiks ” de la direction centrale, de ceux à qui il fallait avant n’importe quelle initiative courir prendre leurs directives au siège central de la rue Marengo. Ils ne se sentaient à l’aise que dans les intrigues, fuyant les francs débats de fond et la claire répartition des tâches et des prérogatives comme les chauve-souris fuient la lumière. Devant l’embrouille devenue tellement transparente, le responsable de longue date de l’organisation politique universitaire, Hénine Yahia, souligne l’irrégularité du procédé :  » Celui qui avait des réserves à faire sur le programme n’avait qu’‘à les présenter avant et auprès des instances concernées. Maintenant, une seule chose compte, il faut réparer immédiatement ». Le groupe en effervescence derrière le rideau a grossi et l’indignation a gagné la plupart de ceux qui étaient la cheville ouvrière de tout le spectacle. Pour eux, le coup est aussi dur qu’inattendu, quelque chose vient de se briser. Ils se disent que pour remettre les choses en place, il ne faut surtout pas admettre l’insoutenable. Sans se concerter, chacun annonce froidement sa résolution. « Ou ce chant patriotique algérien, qui fait quelques minutes sur trois heures de programme arabophone (il y avait aussi des intermèdes francophones), ou il est inutile de compter sur nous ». L’un de ceux qui s’était le plus dépensé dit son amertume : “ si je compte pour rien, qu’est-ce que je reste faire ici ? ”. Un autre devient agressif : “ si on parle de régionalisme, je prends immédiatement le micro et je soumets la question à l’avis du public ; il est d’accord ou non pour ce chant ?”. La situation s’est à la fois envenimée et renversée, d’autant plus que les initiateurs du procédé, pas fiers du tout, craignaient maintenant d’être désavoués en haut lieu pour avoir déchaîné bêtement la tempête. Dans la salle, le public patientait, ignorant l’enjeu qui le concernait pourtant au premier chef. La soirée débute. Lorsqu’à son tour « Ekker a mis en Mazigh » est annoncé, c’est un tonnerre d’applaudissements, puis de tous les coins, la salle accompagne le chœur et reprend le refrain, comme il le faisait habituellement pour Min djibalina. L’ensemble du spectacle est réussi, on en parlera plusieurs jours dans Alger. La vente aux enchères traditionnelle (un portrait de l’Emir Abdelqader) et les dons ont atteint des sommets, s’ajoutant aux recettes du spectacle. Remontant avec mes compagnons l’escalier interminable vers le local de la Lyre où nous passerons le reste de la nuit, la grosse recette de la soirée dans ma vieille mallette cabossée me paraît lourde d’amertume. J’aurais souhaité que le succès fût autre, celui d’une cohésion nationale en vigoureuse progression. Une interrogation pénible colle à notre petit groupe comme la rosée humide aux pavés de la place familière du marché de la Lyre que nous contournons. Un étrange sentiment de gêne et d’inquiétude s’insinue dans nos esprits gagnés à l’indépendance. Nous n’accordions jusque là qu’une attention mineure à la diversité de nos langues maternelles ou de nos régions d’origine, mais au grand jamais nous ne les opposions de façon si stupide. Etait-ce une fausse alerte ou un SOS lugubre avant des désastres impensables ? Le cœur se serre un peu plus à la vue des dizaines de dormeurs affalés sur leurs cartons sous les arcades, près des bouches de chaleur des boulangeries ou des bains maures. Les malheurs qui hantent leurs rêves tourmentés sont-ils seulement ceux de la misère matérielle ? Dans quelle langue sera-t-il « licite » qu’ils expriment leur révolte et clament leurs espoirs ? Dans quelle langue plus compréhensible et plus sensible pour eux faudra-t-il leur parler pour qu’ils s’éveillent à la liberté et s’organisent pour l’arracher ? Comment qualifier l’absurde prétention à dresser des barrières et des interdits linguistiques devant la puissante et rassembleuse revendication d’indépendance, comment et pourquoi se priver des instruments les plus directs et les plus éloquents pour en clarifier les voies et le contenu ? Ce soir là, je fus davantage convaincu que le courage patriotique ne consistait pas seulement à affronter l’ennemi colonialiste. Il consistait aussi à défendre les valeurs simples, endogènes et exogènes, qui avaient permis à notre peuple de survivre et de s’ouvrir à une vocation nationale. Le mouvement national avait besoin de rationalité et d’esprit de principe pour faire reculer les gesticulations démagogiques. Il fallait le préserver des dégâts occasionnés par les agissements qui dépréciaient l’héritage de civilisation arabe et islamique, alors qu’ils trahissaient ce que ce passé avait eu de meilleur. L’histoire dont nous nous glorifions les uns et les autres méritait mille fois mieux que d’être prise en otage par les hégémonismes, les carences et la myopie politique. Je fus heureux de constater que cette conviction était partagée par d’autres compagnons de lutte que j’estimais le plus pour leur abnégation et leur apport sur le terrain. Ils étaient venus, par des voies et à partir d’expériences diverses à la même conclusion, il fallait engager des initiatives positives pour corriger les dérives néfastes qui menaçaient…

http://www.socialgerie.net/spip.php?article9

INITIATIVES …et encouragement.

Avantages fiscaux pour les jeunes promoteurs élégibles aux micro-crédits

Par Abbès Zineb | 05/08/2011 | 16:39

L’Agence Nationale de gestion du micro-crédit a annoncé jeudi que de avantages fiscaux seront accordés aux jeunes promoteurs pour alléger les charges financières au moment de la réalisation de leurs projets d’activité. »En vertu de la loi de finance complémentaire 2011 publiée au journal officiel no 40 du 20 juillet 2011, des avantages fiscaux sont accordés aux jeunes promoteurs de microcrédit, dans le but d’alléger leurs charges financières dans la réalisation de leurs projets d’activités », a expliqué jeudi Mourad Oubbad, chargé de la communication et de la coopération à l’ANGEM, dans une déclaration à l’APS.

En quoi consistent ces allégements ? Il s’agit, selon lui d’une exonération totale de l’impôt sur le revenu global (IRG) pendant une période de trois (3) ans à compter de la date de mise en exploitation des activités ou projets créés par les jeunes promoteurs dans le cadre du dispositif ANGEM.

Exonération de l’impôt sur les bénéfices

Cet allégement vient en fait s’ajouter à un autre avantage, celui de l’exonération totale de l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS) pendant un période de trois (3) années, à compter de la date de mise en exploitation. Et si le projet se trouve dans une zone à promouvoir, dans les hauts plateaux et le sud, la période d’exonération est portée à six ans à partir de la date de mise en exploitation du projet.

Cette période d’exonération est encore prorogée de deux (2) années lorsque les promoteurs d’investissements s’engagent à recruter au moins trois (3) employés pour une durée indéterminée, a-ajouté M. Oubad. On note également une exonération de la taxe foncière sur les propriétés bâties, les constructions et additions de construction servant aux activités exercées par les jeunes promoteurs du micro-crédit, pour une durée de trois (3) ans à compter de la date de réalisation. Le même responsable a encore expliqué que là aussi, la durée d’exonération est portée à six (6) années lorsque ces constructions et additions de constructions sont implantées dans des zones à promouvoir (Sud et Hauts-plateaux).

Exonérations des droits d’enregistrement

Par ailleurs, « Les acquisitions immobilières effectuées par les jeunes promoteurs dans le cadre du micro-crédit, sont exemptés du droit de mutation, en vue de la création d’activités industrielles », a fait sa voir le responsable de l’ANGEM. Les avantages fiscaux impliquent également que les actes portant construction de sociétés créées par les jeunes promoteurs de projets d’activités dans le cadre du micro-crédit sont exonérés de tous droits d’enregistrement.

Il s’agit d’un abattement dégressif qui va de 70 % la première année, 50% deuxième année et 25 % la troisième année d’imposition « Les droits de douanes relatifs aux équipements importés entrant directement dans la réalisation de l’investissement de création, lorsqu’elle est effectuée par des entreprises exerçant des activités réalisées par les jeunes promoteurs dans le cadre du micro-crédit sont déterminés par l’application d’un taux de 5 %, a-t-il souligné.

Les véhicules de tourisme ne sont concernés par cette dernière disposition que lorsqu’ils représentent l’outil principal de l’activité du jeune promoteur.

Il va de soi que de tels avantages et allégements sont de nature à susciter une véritable dynamique de l’emploi de jeunes.