TEL PERE,TEL FILS.

RASSEMBLEMENT À PARIS DES PRO-POUVOIR ET DES OPPOSANTS DU FIS
Un flop pour les uns comme pour les autres

Par  Khadidja Baba-Ahmed ,le Soir d’Algérie.
Au plus, une quarantaine de manifestants du côté de l’association Rachad et sensiblement le même chiffre pour les militants FLN qui leur faisaient face et qui sont venus soutenir Bouteflika «notre père, le meilleur des présidents». Beaucoup plus de policiers français en tenue et en civil que de manifestants. Autant dire un flop pour les uns comme pour les autres. Les soutiens à Bouteflika ont battu le rappel pour un piètre résultat en déclarant que Bernard-Henri Lévy allait accompagner «les traîtres de Rachad. Le philosophe n’était pas de la partie. Il a même été mis à l’index par Rachad qui a brandi une pancarte «BHL ami des généraux et des éradicateurs».
Très péniblement, deux très petits groupes se sont rassemblés et se sont fait face. Du côté de l’association Rachad, il y a eu clairement préparation du rassemblement. Le chef d’orchestre de l’association n’est autre que Mohamed Larbi Zitout, co-fondateur de Rachad, ancien diplomate en poste en Libye qui a déserté en 1995 pour rallier les responsables du FIS à Londres. Et depuis, il occupe sans relâche radios et télévisions dont celle de Rachad, sur le Net. Mercredi dernier, Rachad n’a pas manqué non plus de faire venir Al Jazeera TV qui a dû se démener pour donner l’illusion du nombre. De la quarantaine de militants qu’ils ont mobilisés, certains étaient des citoyens de pays arabes qui ont connu la révolution. Preuve s’il en est, selon un responsable de Rachad, que «la dictature a une fin et que la junte qui a accaparé le pays n’en a pas pour longtemps». Sur les deux grandes banderoles mises en avant, la fameuse photo de la madone de Bentalha du photographe de l’AFP et en format tout aussi grand des photos des généraux Nezzar, Toufik, Lamari et Saïda Benhabilès. En illustration, ce slogan : «20 ans barakat» et cet autre «Non aux pantins civils» ou encore «L’imposture continue, 20 ans après le coup d’Etat que reste-t-il de la république que vous disiez sauvegarder ?» Rachad a même eu recours à l’histoire – c’est une pratique devenue courante en ces temps – pour s’indigner : «Amirouche lève-toi et voit : ils pillent le pays sans foi ni loi.» Lorsque nous accostons un des animateurs de Rachad affairé à booster sa troupe et que nous lui demandons où était Bernard-Henri Lévy annoncé par les contre-manifestants comme devant prendre part au rassemblement de Rachad, il nous fit cette réponse : «Du mensonge, ces gens du pouvoir n’ont rien trouvé de mieux pour mobiliser, mais voyez le résultat. Comment voulez-vous que nous nous acoquinions à ce triste individu de BHL qui a soutenu le coup d’Etat et apporté son soutien aux généraux ?» Une pancarte bien au milieu du groupe de manifestants clame en effet : «BHL ami des généraux, des éradicateurs, dégage !» ou encore «BHL/Nezzar : même combat.» Du haut-parleur, la prise de parole du chef (l’ancien diplomate) promet la fin de ce «régime de pilleurs et de criminels ; les cinq généraux dont la plupart étaient des officiers français et qui ont fait un coup d’Etat alors que le ministre de l’Intérieur Belkhir lui-même avait reconnu les élections ». De l’autre côté, au plus près du siège de l’ambassade, fusent inlassablement des «One – two – three viva l’Algérie» et plus fort encore «Vive Bouteflika, Yahia Bouteflika». Dans notre édition de mardi dernier, où nous annoncions cette rencontre, nous nous demandions qui était ce «collectif d’associations des Algériens de France» dont nous n’avions jamais entendu parler ici en France et qui appelait à cette contre-manifestation. Eh bien, aux slogans et mots d’ordre de ce petit groupe, nous sommes fixés. Ce sont les mêmes qui clament — au nom de la stabilité que «Bouteflika a amenée à l’Algérie» à le garder pour une présidence à vie. Voulant probablement riposter aux manifestants de Rachad, quelques-uns se hasardèrent : «Le FIS casse-toi, l’Algérie n’est pas à toi.» En fait, l’unique slogan – après celui consacré au sauveur Bouteflika – est plutôt murmuré que clamé fort. Mais que pouvions-nous attendre des uns et des autres ? Pas grand-chose, à vrai dire, sinon une agitation qui part dans tous les sens et qui annonce bien d’autres, maintenant que les dates des législatives sont fixées à mai prochain.
K. B.-A.

PS: A propos du dessin:vous pouvez y voir un lièvre ou un canard,c’est selon.Seulement la matrice reste la même.

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