Conjuration algérienne

 La société traditionnelle algérienne, en temps de crises dont elle est d’ailleurs la principale cause car fondamentalement négationniste de toute tentative d’édification d’une société de citoyens, ne cesse d’exciter l’instinct primitif d’un individualisme familial asocial que seule la satisfaction matérielle, encouragée par la complicité d’un gouvernement tribal, peut calmer son insatiable appétit animal . Les signes ostentatoires d’une richesse qu’elle acquière impunément par l’informel du souk en sont un parfait exemple. Ses moyens sont : fraude, pots de vin, passes droits, corruptions diverses et, donc, la propension quasi innée à contourner la légalité par l’irrespect caractériel de toutes les lois. La culture, le savoir, l’aspiration citoyenne à un progrès social collectif…s’y trouvent, ainsi, complètement humiliés. Tout individu dans le besoin, aussi prioritaire et compétent soit-il, s’il ne se réclame  pas d’un réseau relationnel traditionnel, n’a aucune chance d’accéder à son droit le plus élémentaire. L’association des enfants de Chouhada, et bientôt celle de leurs petits fils, qui saisit l‘opportunité de la légitimité révolutionnaire, toutes les associations à caractère sportif, culturel et même assez souvent politique , portent toutes des revendications opportunistes matérielles que seule la précipitation de nos potentats à leur satisfaction dans leur insatiable assouvissement peut expliquer la puissance et l’ampleur de la main mise de la société traditionnelle musulmane sur des institutions sensées représenter de « nobles » missions citoyennes modernes. La participation « des lièvres » aux dernières élections présidentielles témoigne, on ne peut plus clairement, de cette disponibilité traditionnelle dont la fin, la récolte de quelques dividendes, justifie tous les moyens, trahison délibérée de la promesse démocratique à l‘aspiration à l‘édification de la société de citoyens.

A propos du sacré et de la trahison, justement, Un écrivain algérien témoigne en disant que « tout individu énonçant l’expression populaire traditionnelle, assez répondue, « Inchaa allah » , cache le plus souvent l’intention de trahir . « Allah ghaleb » est énoncé pour faire l’impasse et faire oublier un réflexe déconcertant à la trahison. « Mektoub » cristallise toute l’inertie intellectuelle en inhibant toute la réflexion à la recherche de solutions profanes, mais pragmatiques, aux problèmes dont il est responsable et qu’il ne cesse de cumuler ; c’est une soumission naturelle à l’impuissance. « Inaal Chétane » est également assez souvent sollicité pour noyer une culpabilité individuelle dans les arcane impénétrables du Satan que l’on tient pour seul et unique responsable de fautes personnelles pourtant avérées. La responsabilité devient, de ce fait, un concept abstrait, quasi divinisé, intouchable , dans laquelle fuient, en se diluant impunément, tous les actes à l’origine de nos malheurs. Exemple : après les inondations criminelles de Bab El Oued, et après les habituels longs silences criminels du président, le potentat sort subitement de son mutisme et en de us ex machina console : « Allah ghaleb, mektoub rabi sobhanou ». Une explication politique typiquement algérienne ayant pour seul but de dédouaner son ex ministre de l’intérieur MALGache de sa responsabilité criminelle pleine et entière, lequel n’a rien trouvé de mieux, dans le cadre de sa lutte anti terroriste en under-ground, que de murer tous les caniveaux des hauteurs d’Alger ; une négligence fatale à l’origine d’une déferlante torrentielle causant la mort de centaines d’innocents et une désolation apocalyptique d‘Alger la blanche !

La même manipulation politique du sacré est également avancée par le même nain, pour apaiser les tensions populaires nées de l’intervention bureaucratique, lente et nonchalante de l’État après le tremblement de terre de Boumerdes. Tout le monde sait aujourd’hui, après expertise des cabinets d’architectes de renommée, que des immeubles d’architecture française, construits à l’époque coloniale, au début du siècle même pour certains, n’ont été traversés d’aucun dommage, pas même une fissure, alors que d’autres, pourtant très récents, s’écroulèrent comme des châteaux de sable ! Il est tout à fait claire que tout approche superstitieuse d’un phénomène naturel et même politique, si elle lui permet de reporter pour encore quelque temps l’échéance de son déclin, elle contribue néanmoins à maintenir et à encourager davantage la fraude sous toutes ses formes, même du fer à béton irradié. Il va sans dire, en outre, que de tels discours irrationnels, infiniment ruminés, n’ont d’effets que parce qu’ils trouvent ancrage dans une société traditionnelle que la superstition, à l’origine de sa défaillance morale, tient dans un déphasage séculaire inquiétant. Un déphasage interprétant un simple phénomène tectonique naturel par la malédiction, une réponse punitive divine à la dépravation sociale des habitants de Boumerdes ! A noter, par ailleurs, que plus les calamités naturelles redoublent d‘intensité dans leurs apparitions cycliques, plus les mosquées se remplissent de fidèles. Un penseur algérien a dit : « La défaillance sociale et intellectuelle n’est rien devant le déclin moral de notre société. » En Kabylie, à la veille des dernières élections présidentielles, Bouteflika, parlant des événements de Kabylie, dit ceci : « Jusqu’à aujourd’hui, j’ignore totalement ce qui s’était passé en Kabylie ». On est toujours dans les mystères de Dieu !!!

par  Preuve le 08-11-2011

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s