DE L’OPPOSITION….et de la censure.

On a le pouvoir et l’opposition qu’on mérite.

La grande majorité des forumistes, complètement déconnectés de la réalité, découvrent comme si c’était une nouveauté, qu’il n’y a pas de partis d’opposition en Algérie. Effectivement, pour avoir des partis, il faut des militants. Les militants dans un parti investissent de leur temps (bénévolat, réunion, réflexion) et leur argent (cotisation, dons) pour permettre au parti de fonctionner et d’atteindre les objectifs fixé dans son programme politique. Il n’y a rien d’étonnant s’il n’y a que le FLN maintenu en vie artificiellement par le pouvoir et le RND un parti crée par le pouvoir et dans lequel on retrouve toute la voyoucratie de l‘administration algérienne, qui affichent un nombre record de militants. En réalité ce ne sont pas des militants mais des employés du parti qui sont rémunérés avec l’argent de la rente que le pouvoir leur octroi pour défendre le système. Ils sont dans ces deux partis, car c‘est la seule voie opportuniste pour avoir accès aux privilèges destinés à la clientèle du système. Les autres partis, quelque soit leur obédience ont beaucoup de difficultés à recruter des militants. Déjà que beaucoup de jeunes refusent de travailler pour un salaire, alors de là à militer dans un parti il faut pas rêver. En ce qui concerne le RCD et le FFS, leur influence reste malheureusement limitée à la Kabylie quelque soit les efforts qu’ils font pour s’implanter ailleurs. De plus, même si ces deux partis arrivent à mobiliser , cela ne veut pas dire que les militants se bousculent aux portes. Ça se comprends très bien, il n’y a rien à gratter.

Ce que j’avance pour les partis est bien sûr aussi valable pour les associations, les syndicats autonomes et ce qui est appelée la société civile. Même si une personne de bonne intention crée une association et arrive à vaincre la bureaucratie et la fermeture du système, il ne pourra rien faire sans le financement de l’état, car il n’y aura pas d’autres sources et les militants ou les bénévoles ne court pas les rues. Et bien sûr, le financement de l’état se paie chère et au détriment de la liberté d’action et de l’indépendance de l’association. Ce n’est pas pour rien que l’UGTA qui dort sur un trésor (comme le FLN dont elle constitue un prolongement) rengorge de faux militants alors que les syndicats autonomes ont beaucoup de difficultés à recruter et à mobiliser.

Ayant été éduqués pour croire à la fatalité et pour être des partisans du moindre effort pour la plupart, on préfère critiquer et le pouvoir et l’opposition. De ce fait, on se donne une bonne raison et une bonne conscience pour ne rien faire et dormir tranquille. Alors, on se complait dans la facilité, on s’accommode du système et on se débrouille comme on peut au prix de perdre sa dignité pour certains. Puis quand la coupe est pleine, on se révolte et on casse tout. Alors le pouvoir nous désigne l’ennemi fantôme qui est responsable de tous nos malheurs, le monde entier qui complote contre nous, et nous rappelle que nous sommes un grand peuple. Alors, on rentre tout content à la maison et on s’accommode jusqu’à la nouvelle crise.

Aujourd’hui, la révolte gronde dans toute l’Algérie et les jeunes qui n’ont pas eu la possibilité de fuir en Europe, au Canada ou ailleurs, dans l’espoir de vivre dignement affrontent les services de répression du pouvoir. Encore une fois, nous constatons les mêmes faits: Seuls les services de répression et les jeunes se retrouvent face à face. Le seul canal privilégié par la pouvoir est utilisé, la violence. Une démission totale de la société civile, de la classe politique, des religieux, des personnalités. Le système se retrouve piégé dans la bulle ou il a enfermé la société.

Et que va-t-il se passer après? On nous annonce une rencontre interministérielle qui va annoncer des décisions pour calmer les esprits. Des décisions unilatérales prises par un pouvoir qui n’a aucune crédibilité. Gageons que le peuple sera encore en fois dupé. Gageons que les solutions qui seront annoncées seront du réchauffé et qu’elles profiteront à la longue uniquement aux mêmes personnes qui profitent actuellement de la rente. On reviendra peut être au soutien des prix qui vont profiter aux mafieux du système qui font  de la contre bande ? Au lieu d’augmenter les salaires de tous les travailleurs et d’assurer un filet social qui permettra à toute personne majeure de toucher un salaire qui lui permettra de vivre dignement. Oui, on peut le faire, on a les moyens. Il suffit de revoir la gouvernance du pays par une révision du système d’imposition et de gestion du patrimoine, lutter efficacement contre la corruption, récupérer l’argent volé, ouvrir le pays aux vrais investisseurs avec une priorité aux algériens. Identifier toutes les sources de revenu rentières et éliminer toutes celles qui ne sont pas justes.

Je termine en espérant que le peuple ne sera pas dupé encore une fois par des décisions populistes et qu’on ne verra pas dans quelques jours des manifestations à la gloire des dinosaures du système, encadrées par le système et sa clientèle habituelle (UGTA, ancien moudjahid, fils de chahid, les associations bidons, …) . Il ne faut surtout pas sous estimer la force des lobbys qui vont défendre âprement leurs privilèges.

Note a DB:
même si vous ne publiez pas ce poste, car j’ai envoyé deux commentaires qui n’ont pas été publiés pour des raisons que je ne comprend pas car je respecte votre charte, j’aurais au moins  eu le mérite d’avoir essayé et de vous le faire lire pour vous même.

Par Amrouche

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2 réflexions sur “DE L’OPPOSITION….et de la censure.

  1. Bonjour,

    Cela fait trop longtemps qu’on fait des constats. Nous avons raté le RDV de 1988, essayons de ne pas rater celui là. Je crois que le point névralgique du pouvoir c’est leur image à l’étranger. Alors travaillons ensemble pour une large diffusion de ce qui se passe en Algérie.

    C’est à mon avis, une manière constructive de soutenir cette volonté de changement populaire.

    Restons vigilants et Vive l’Algérie

  2. J’espère qu’ils reste encore quelques lucides qui ne croient plus les agents du DRS déguisés en responsable de partis ou d’associations

    Cela dit, seul un mouvement citoyen d’envergure à l’extérieur pourra donner une dimension populaire nationale à la révolte. Nous avons la responsabilité de soutenir chacun à son niveau cette volonté de changement.

    Tous les moyens sont bons (Internet, réseaux sociaux), pour montrer à l’étranger le vrai visage du pouvoir algérien.

    C’est la moindre des choses qu’on puisse faire pour la population d’Algérie.

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