ON VIEILLIT…comme le bon vin,reconnaissons-le.

B. Hamoud dit :

Je tiens tout d’abord à saluer toutes celles et tous ceux qui débattent des problèmes de notre Algérie malmenée et déchirée sur ce site merveilleux. Je suis heureux, au crépuscule de ma vie, de voir jaillir cette flamme, aussi faible soit-elle d’ESPOIR d’une Algérie libérée. Je salut aussi cet appel au changement, raisonnable, inclusif et rassembleur. Je voudrais cependant, chers concitoyens donner mon modeste point de vue en tant qu’ancien officier de l’ALN, de l’armée nationale et ex-membre du CC du FLN, aujourd’hui en retraite mais point en retrait de la vie politique qui touche notre pays saigné à blanc.
Il est certain que L’Etat-Major des frontières dirigé par H. Boumédiene est en grande partie responsable des premières dérives sanglantes post-indépendance. Ce colonel se voyait porter le destin à l’Algérie. Honnête et sincère dans sa démarche, mais sans aucune culture politique, il voulait développer par la force ce pays sans participation du peuple. Il voulait sincèrement son bonheur mais sans le consulter. Il pensait que par la force, il allait changer le destin du pays. Hélas, mille fois hélas, cela se terminera par un désastre. Ceux qui l’ont remplacé, pensant rectifier le tir, ont aggravé la situation. De la crise politique découlèrent d’autres crises : identitaire, économique, culturelle, linguistique…… aboutissant à la grave crise multidimensionnelle actuelle.
Nous constatons aujourd’hui de visu l’absence d’Etat. Pas d’autorité, clochardisation des villes et villages, administrations gangrénées par la médiocrité et la corruption, enseignement défaillant….
A mon âge et comme Mohamed Boudiaf, je me dit : Où va l’Algérie.
Je crois que notre génération a failli. Elle s’est trompée de stratégie dès 62, pensant que drapés de la légitimité révolutionnaire, nous étions les mieux placés pour construire l’Algérie indépendante. Notre faiblesse intellectuelle et l’inculture politique de beaucoup d’entre nous nous ont joué des tours. Je fais mon mea culpa. Oui nous avons failli. Mais je peux dire que beaucoup d’entre nous étaient sincères, mais cela ne suffisait pas. Nous avons par la suite été doublés par une faune d’opportunistes de tous acabits, civils et militaires qui ont fait de l’Algérie un véritable butin de guerre. Cette réalité est connue de tous et je m’excuse de m’y attarder.
Mais que faire maintenant pour redresser la barre avant le naufrage qui se dessine?
A mon modeste avis, je crois qu’on doit définitivement mettre un terme à cette querelle de clochers concernant notre identité, instrumentalisée par certains milieux au sein du pouvoir qui agitent leurs agents attitrés au sein de la société, qu’il s’agisse d’islamistes, de laïcs, ou de berbéristes. Nous les connaissons parfaitement. Leur rôle est d’entretenir la division, chacun tirant à lui un pan de l’identité. Il est quand même malheureux d’entendre certains algériens dire que l’islam doit être rangé à la mosquée, lui qui a permis de cimenter l’unité nationale durant les moments de résistance à l’oppression extérieure. On agite une poignée d’agents, via leur presse et la toile pour mener des campagnes hystériques, faisant croire qu’ils sont très nombreux. Il est malheureux d’entendre la même poignée insulter la langue arabe, voulant en faire une langue étrangère comme au temps de la colonisation. Il est triste de voir s’agiter certains algériens (et nous savons qui les agitent) pour remettre en cause la berbérité de notre nation. Ces dangereuses manipulations ont créé des extrémismes qui pour certains, veulent nous réenseigner notre religion, pour d’autres, écorcher notre identité pour faire de nous des SIF (sans identité fixe). Heureusement qu’il ne s’agit que de groupuscules qui ne représentent rien et sans aucun ancrage au sein de la population. Mais ceux au sein du pouvoir qui voudraient maintenir le statu quo (privilèges obligent) mobilisent leurs moyens de propagande pour nous faire croire que ces groupuscules extrémistes sont nombreux et influents.
Je peux vous dire de par mes anciennes fonctions au sein de l’institution militaire et du parti que le changement ne pourra jamais venir de l’intérieur de ce pouvoir. Croire à cela c’est être d’une naïveté déconcertante.
Il ne faut pas aussi croire que ce pouvoir est homogène. Je peux vous affirmer qu’un nombre non négligeable d’hommes au sein de ce régime, civils et militaires aspire au changement, mais ne peuvent franchir ce pas, du fait de l’absence d’alternative politique et d’une opposition crédible.
C’est pour cette raison que je me permets d’intervenir pour dire que votre appel est une des alternatives crédibles qu’il faudrait approfondir. C’est comme cela que vous pourrez attirer la sympathie des gens sincères de l’opposition et du pouvoir actuel.
Et j’ai été très touché en lisant dans votre texte que vous tendez la main aux hommes sincères de l’ancienne génération.
Trop d’erreurs ont été faites, exploitées par des charognards qui avaient une certaine revanche à prendre contre l’Algérie de la Résistance. Nous devons nous donner la main pour sauver notre pays. Il n’est pas trop tard. Que Le Tout-Puissant Protège l’Algérie et son peuple.

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