ON SE DEFINIT

D B dit :

Il est des moments où je ne sais plus. Je ne sais plus si j’ai un droit quelconque sur cette portion de terre qui s’appelle Algérie. Dans cet espace, où vivent des gens, qui est limité par des frontières légales, tracées par des bureaucrates français, qui ont grappillé à gauche, à droite, en haut, en bas, dans cette Afrique du Nord, ce Maghreb romantique, où ils croyaient que la France serait présente à jamais, je croyais que nous étions le centre du monde, dans le vrai sens du mot, c’est à dire là où est la vie.
J’apprends pourtant, depuis peu, alors que je m’apprête à franchir le cap de la retraite légale et administrative, que l’Algérie est un lieu dit, une terra incognita pour le reste du monde, un vague espace dans un grand ensemble « géo-stratégique ». Un sous territoire, empli d’un sous-peuple.
En somme, pour parler vrai, les Algériens sont de la pâte humaine, de la matière la plus commune, la plus vulgaire, du tout venant.
A la limite, j’aurais été ravi de me découvrir monsieur tout le monde, au milieu de tout le monde, si la connotation de cette dispersion identitaire procédait d’une volonté de se fondre en l’homme. en l’HOMME. Ah… enfin! Nous sommes comme tout le monde.Je suis enfin le frère de l’homme…
Le problème est que c’est tout à fait le contraire. De petits bonshommes , bourrés de vanités, de suffisances, de choses bizarres, de mythes exorbitants, qui s’inventent des généalogies, des mythes, des épopées, et qui savent surfer sur nos fantasmes, sur nos tares, sur nos sombres lacunes, nous jurent que non seulement nous ne sommes pas comme tous les autres, mais qu’en plus, nous ne sommes ni frères, ni cousins, et que même nos frères, et nos cousins, qui ne se soumettent pas à notre haine exclusive, sont nos ennemis.
Que faire alors ?
Pour ma part, très modestement, je suggère que nous apprenions à regarder les choses comme elles sont.
Et si nous sommes assez perspicaces pour distinguer entre un taureau castré* et un papillon, alors nous saurons que ceux qui nous dirigent sont des malfaiteurs.
A moins d’être tout à fait aveugles…

(boeuf)

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