ON S’ACCROCHE

Trop de sacrifices inutiles mènent inévitablement à la radicalisation. Et c’est légitime !

Après des décennies de luttes pacifiques vaines pour le triomphe de la démocratie et de la justice sociale, le repli social, identitaire et l’affirmation ethnique toujours rebondissant de la Kabylie sont, aujourd’hui, on ne peut plus légitimes ; et sa radicalisation est d’autant plus grandissante qu’elle vit encore toutes les frustrations nées de revendications réprimées par tous les moyens qu’un ennemi fondamentalement nihiliste puisse imaginer et que le régime persiste à désigner sous le vocable répudiant d’ennemie intérieure.

La Kabylie a trop souffert, seule, dans l’indifférence complice de toutes les autres composantes ethniques du pays, gagnées au piège acculturant des fausses constantes nationales, plus idéologiques et négationnistes que rassembleuses . Mais, diable, il n’y a pas que les Kabyles qui souffrent de la crise, répondent les plus justes des compatriotes ! Certes, la pauvreté, la faim, le chômage, la corruption, les passes droits,… se posent avec, peut être, plus d’acuité à Batna, à Oran, à Djelfa ou à Constantine qu’en Kabylie ! Mais la crise que pose, en premier, la Kabylie, c’est le rappel permanent « du fleuve détourné » en 1962, le manquement à l’engagement de 1954 et la trahison dans le sang de la promesse de l’ « Algérie algérienne » d’Abbane dans lesquels les autres régions d‘Algérie semblent se complaire. La pauvreté et la faim en Kabylie sont aussi identitaire, culturelle, linguistique, historique,…en somme démocratiques ; c’est la crise d’une mémoire trahie par l’histoire illégitime d’un État imposé à la 25 ème heure. La Kabylie c’est le miroir de la vraie mémoire dans lequel Ben Bella, Boumedienne, Chadli, Kafi…et Bouteflika ne sont et ne seront jamais réfléchis parmi les Grands de l‘Algérie. Alors, chacun selon le degrés de sa trahison, ils ont tous voulu le briser, pour ne plus supporté l’insoutenable reflet de la laideur de leur passé pathétique.

Tant que la constitution algérienne permet encore à la suffisance royale de Soltani, à l’inconscient terroriste de Djaballah ou au premier potentat Ben Bella de faire uniquement des lectures islamistes et arabistes de la révolution algérienne, la Kabylie n‘adhérera à aucun projet qu‘elle sait déjà perverti d‘avance. Tant que la laïcité, comme rempart contre toutes manipulations et extrémismes n’est pas instaurée, le « problème » kabyle se posera avec encore toujours plus d’égarement et d‘éloignement dans l‘adoption de valeurs plus insolites encore que ne le sont celles que la Kabylie a déclinées. Elle désobéira à l’ordre de l’intolérance avec d’autant plus de risque pour elle mais aussi pour le pays tant que le régime persistera obstinément à la refuser dans sa différence, en la jetant en pâture.

Une Kabylie que seuls ses enfants connaissent l’immensité de ses potentialités savantes qui auraient permis à notre pauvre pays un destin meilleur si le régime a su les rendre confiantes dans un élan d’édification nationale. Cette région si différente, néanmoins, profondément algérienne, recèle des potentialités en encadrement scientifique polyglotte de la première heure,qui se compte par dizaines de milliers, formés dans les universités américaines, soviétiques, yougoslaves, françaises, canadiennes,…et dont la seul vocation, toujours d’actualité, est l’imitation des plus forts pour être toujours de la trempe des meilleurs.

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