L’arabo-islamisme : l’admonestation à l’humanité

 

Une autre fois une famille (Famille Arsmouk) vivant à Meknes  s’est vue refuser récemment l’inscription du prénom  de leur fils  “Yani” aux registres d’état civil pour motif que ce prénom amazigh ne figure pas dans la liste des prénoms autorisés au Maroc. Outre cette fameuse liste, que sont les fondements de la prohibition de tel ou tel prénom ? Alors que des prénoms tels, Otmane, Roukaya, Oumayma, Soufyane,Qoussay, Khnata … signifient respectivement Serpent, Fétiche ou Exorcisme, Idiot, chien et anus pour Khnata en amazigh,sont autorisés !

Mettant de coté l’authentique du message coranique s’il existe, dignes de l’ampleur d’une « civilisation » tantôt islamique tantôt arabe, se croyant les mandataires d’Allah, en exploitant la crainte de ne pas être de bons musulmans qu’inspirent aux catéchumènes à l’islam tous ces hadiths qu’  remémorent pour l’occasion des ergoteurs incultes hissés au rang de grands savants, les arabo-islamistes déclarent une guerre sans nom à toutes les identités du monde. L’histoire ne la tergiverse plus, ainsi les piliers de l’identité des peuples : langue, anthroponymie, toponymie et le mode de vie se détruisent devant nos yeux. D’anciens peuples, comme les juifs et chrétiens de l’Arabie saoudite, les Coptes, ont déjà tout perdu de leur identité ; d’autres comme les Amazighs et les Kurdes qui luttent pour cuirasser le peu échappé à ce génocide culturelle; et d’autres encore comme certains asiatiques et africains commencent à subir l’influence d’un arabisme aux couleurs islamiques dévastateur. Leurs stratégies et stratagèmes : De la supercherie pour l’adoption des prénoms arabes : D’après les casuistes arabes, seuls les prénoms issus de la langue du Coran, l’arabe, sont appropriés. On prologue  que Allah appellera ses serviteurs musulmans par des prénoms arabes !

Subséquemment, un prénom amazigh comme Yani ou Tihya, serait inhibé, voir illicite, tant qu’il renvoie à une ère païenne et qu’il remémore une mémoire voulue vachement formatée à vie. Ainsi par ce type de thèses aberrantes que des « José Faria»,  « Marcellus Clay », « Kat Stevens », « Olivier Saint-Jean », « Nicolas Anelka » et Mohand Oussaid ont été persuadés de devenir respectivement « Mehdi»,  « Mohammed Ali », « Yusuf Islam » « Abdul-Salam Bilal »? 

Les musulmans d’autres ethnies que l’arabe  accommodent le pas à l’aveuglette et oublient leur propre héros, leur propre histoire. De nos jours, les théologiens Amazighs, d’ailleurs même les gens ordinaires, font l’éloge des Aïcha Al humayria, Oqba bnu Nafiâ, et Omar bnu Khettab au détriment des Zineb Tanfzawit, Youssef bn Tachfin, et Massinissa . Même l’amazigh dit Tarek bnu Ziyyad, est très rarement cité en exemple. Profitant du fait qu’il soit l’idiome dans lequel est écrit le Coran, les Arabes ont sacralisé leur langue à tel point que tout individu ou groupe d’individus converti à l’islam doit non seulement l’apprendre, mais aussi la travailler et la défendre bien plus que sa propre langue. On dit que la langue arabe est la langue des habitants du Paradis ! Bien entendu qu’aucun verset coranique ne présume ni implicitement ni explicitement l’obligation de faire les prières dans la langue Arabe, les arabistes ne cessent de faire flairer que la seule langue admise dans le prêche du vendredi et dans les cinq prières quotidiennes, est la langue arabe, faute de quoi, les orémus décamperaient du domaine de la sonna, donc de l’islam. Cette contrainte n’est qu’un apologue  d’amener les gens à apprendre la langue arabe et à l’intégrer dans leur pratique idiomatique petit à petit jusqu’à ce qu’elle envahisse la langue autochtone et la remplace. Des cas des langues  alanguis, en voie de disparition ou déjà disparus à cause de l’influence forcée de la langue arabe ne sont pas rares ; on n’a qu’à regarder du côté des langues comme le perse, le turque le kurde, l’amazigh , etc., pour jauger l’ampleur des dégâts.

Divinisation du style arabe : Dès sa conversion à l’islam, l’individu est vivement conseillé de faire table rase de ses coutumes jugées païennes et épouser celles des Arabes / Quraishoises estimées sacrées. Ainsi, « salam âalaïkoum » doit prendre la place de « azul » et dans les salutations quotidiennes ; rompre le jeûne  avec des dattes perpétue la tradition issue de l’Arabie à l’évènement de l’islam; s’habiller à l’orientale, marcher en basculant le cul renforce la foi; et j’en passe.

Par suite, une volonté herculéenne de bâtir une société unique en gommant toute diversité comportementale, langagière, religieuse, alimentaire et vestimentaire. L’entretien de l’amalgame « musulman = arabe » que charroient les théologiens islamiste est embrassé par les arabistes en coruscant  dans ce jeu malhonnête par lequel ils s’approprient les victoires, les inventions et les découvertes des peuples musulmans non arabes qui vivent avec eux ou sous leur domination. Ne dit-on pas que l’Andalousie a été conquise par les Arabes, alors que ce sont les soldats du chef berbère Tarik bnu Ziad qui l’a soumise et islamisée ? Ne considère-t-on pas Saladine comme un héros arabe ayant remporté plusieurs victoires sur les Croisés, alors qu’il est en réalité un Kurde ? Ne vante-t-on pas le génie arabe dans l’invention de l’astrolabe, alors que cet instrument a été en fait le fruit du travail du mathématicien perse Fazari ? Même l’ascension Rachida Dati à la tête de la justice française  l’élection  Boutaleb à la tête de la mairie de Rotterdam  (Hollande) a été présentée comme un honneur rendu aux Arabes, alors que la dame est amazighe algéro-marocaine et que le monsieur est rifain !

Pour terminer, cette tromperie universelle qui consiste à arabiser le monde sous couvert d’un islam hypnotisant car soutenu pour l’occasion par une sunna truffée de mensonges et par une histoire islamique détournée au profit de l’arabisme, n’est que la face ombrageuse du sionisme et l’apartheid  que l’humanité doit condamner.

Auteur: Rinas Bouhamdi

Où est le chemin à suivre?

LA PARTIE DE LOTO…c’est parti!

Je ne sais pas,mais je me demande comment tous ces mico-partis issus de la matrice FLN peuvent apporter un sang nouveau au pays.Je constate qu’ils utilisent le même langage que leur géniteur et essayent de convaincre par la peur.Est-ce un bon moyen de mobilisation?Car cette main de l’étranger qui met le pays en danger est brandie à chaque fois qu’on veut se montrer plus nationaliste que les nationalistes véritables.

Comme le FIS,pur produit du FLN,ces partis ont appris déjà à jouer aux illusionnistes.Un exemple,une connaissance proche ,fils de moudjahed et petit fils de chahid a été convaincu (pour ne pas dire embrigadé) pour faire partie de la liste des candidats d’un de ces partis.Il se met au travail et commence à mobiliser d’abord sa famille,puis son entourage,le village,le lieu de travail et ainsi de suite.L’espoir et la motivation aidant ce jeune et sa proche famille font des pieds et des mains pour faire connaitre ce micro-parti.Sur les affiches qu’ils distribuent ,il est même placé comme tête de liste dans sa circonscription alors que son rang réel est bien loin de la première place.Tout cela ,pour faire illusion auprès de son entourage et de son village.On arrive ainsi à créer une fierté fictive,un faux espoir par le mensonge,comme le Fis qui bernait son monde avec un laser à une poque donnée.

Quant Belkhadem affirme que le FLN sortira vainqueur,je comprends son stratagème.Les anciennes méthodes ne prennent plus,il faut donc innover et la solution est toute trouvée:se dissoudre dans autant de partis que possible et parmi les 39 numéros que vous voyez sur les panneaux électoraux,seuls deux ou trois font de l’opposition tout en restant eux aussi de véritables….numéros.

LE VERITABLE CARNAVAL.

LEGISLATIVES: insultes et anathèmes

Publié le Vendredi, 23 Mars 2012 15:06
Écrit par Saadoun Malek

La confection des listes de candidatures pour les législatives du 10 mai n’a pas fini de secouer les partis politiques FLN, RND, FFS.

Mercredi après-midi, Belkhadem s’est évanoui. Un cadre du FLN ayant assisté à la scène nous explique qu’à l’origine, plusieurs membres du bureau politiques sont venus protester contre la décision de ne pas les autoriser aux élections législatives

. Si Affif, président de la commission des affaires étrangères au niveau de l’APN, plus remonté que tous, vocifère des propos injurieux et exige qu’il soit candidat tête de liste dans sa wilaya d’origine. Belkhadem, pensant pouvoir calmer les protestataires, explique que la décision vient du chef de l’Etat en personne qui voudrait voir de nouvelles têtes à l’assemblée. Si Affif pique une crise de nerf et menace : si il y a quelqu’un qui doit partir c’est d’abord lui (Bouteflika) et s’il le faut je ferais descendre toute la population de Mostaganem pour un sit-in devant le siège de la présidence de la République.

Du côté du RND, les accusations et troubles viennent des jeunes cadres. Sur la page Facebook jeunesse RND, Abdeslam Bouchouareb, chef de cabinet d’0uyahia, est présenté comme fils de Harki. A l’origine de cette accusation, Sedik Chiheb, vice-président à l’APN, qui a réussi à se placer en tête de liste sur Alger, avait lancé une campagne de dénigrement contre celui qu’il voyait comme son concurrent. Maintenant que les listes sont connues, Abdeslam Bouchouareb qui se retrouve deuxième de liste à Alger et son frère tête de liste à Marseille, sont cités dans toutes les discussions. Les militants parlent de promotion de traitres au détriment des fils de chahid.

Les mêmes accusations sont proférées au FFS. Le site d’information SIWEL rapporte les réactions de militants du FFS suite à la désignation de Nabila Smail comme candidate sur la liste de Tizi-Ouzou. « La candidate en question est originaire de Draa Ben Khadda et est fille d’un harki à l’époque française et ça tout le monde le sait. Elle n’a jamais été du parti mais comme elle est très amie avec un des dirigeants du parti, en l’occurrence Aziz Baloul, elle a été sélectionnée dans la liste des candidatures », écrit SIWEL.

Source:

http://algerie-express.com/

L’ENTENTE PARFAITE


Non aux islamistes ! Non aux militaristes !

Par Le Matin DZ

Aux années 1970 est crée le monstre intégriste-islamiste pour faire barrage au projet de démocratisation de l’Algérie mené par les berbéristes. Ce projet menace bien entendu le régime algérien de caractère dictatorial.

Mais à la fin des années 1980, le monstre se retourne contre son créateur. Pour attendrir sa créature, le créateur l’associe en 91 à une “fête électorale“. Contre toute attente, le monstre en ressort encore plus méchant. La confrontation est alors inévitable.

Deux longues décennies noires se sont succédé. Plus de 200 000 victimes parmi le peuple algérien ont été recensées. Chose étonnante, aucun haut responsable des deux camps en conflit armé n’a été touché. Pas même leur proches et leurs biens ! [1]

Et après tant de sacrifices, nous revoilà encore le 10 mai à la case départ ; le monstre veut coûte que coûte la tête de son maître et le maître veut coûte que coûte sauver sa tête. Entre le monstre hors du contrôle et le maître hors d’halène, c’est l’avenir de toute un pays, qui est en jeu. Peuple algérien ! Avant de te rendre aux urnes, libère-toi d’abord et des islamistes et des militaristes ! Ils ont l’arme à la main, tu as la volonté dans le cœur. La volonté est plus forte que toute arme.

D. Messaoudi

[1] C’est quand même invraisemblable que dans un pays dit infesté de terroristes, des généraux en retraite passent de paisibles jours dans leurs régions natales et qu’ils aient même sur le territoire algérien des usines et des commerces qui n’ont jamais été ciblés ! Idem pour les têtes pensantes des islamistes en général et de l’ex-FIS en particulier ; on les voit se déplacer avec une assurance déconcertante, alors que les vrais militants des droits de l’homme et de la démocratie doivent raser les murs pour échapper à des attentats dits terroristes.

IL Y A TOUJOURS UN ANGLE DE VUE.

L’«intégriste» et le «sauveur»

Adel HERIK

Ce sont deux Algériens.

Le père du premier fut un militant nationaliste de la première heure, au sein de l’UDMA, qui rejoignit la lutte armée deux mois après la déclaration du 1er novembre 1954 et fut arrêté et emprisonné par l’administration coloniale en 1957. Son grand-père paternel fut l’un des premiers instituteurs« indigènes». Deux de ses oncles paternels furent de brillants intellectuels. Lui-même fut reçu au baccalauréat avec la mention «Très bien» et, obtint, après de brillantes études supérieures, un Ph. D en physique dans la plus prestigieuse université de sciences et technologie des États-Unis d’Amérique, le fameux MIT. En tant que chercheur de haut niveau, il n’eut toujours que son seul salaire pour subvenir aux besoins de sa famille.

Le père du second était caporal dans l’armée française. Lui-même s’engagea dans ladite armée en 1955, c’est-à-dire en pleine guerre de libération nationale, pour suivre une formation de sous-officier en France. Il «désertera» en 1957 pour rejoindre les rangs de l’ALN en Tunisie où il restera jusqu’à l’indépendance. Ses seuls faits d’armes eurent lieu dans son pays, en octobre 1988 et en 1992-93. Il fit tirer à balles réelles sur la jeunesse révoltée par l’injustice et la hogra et autorisa la torture et les enlèvements (500 morts et des milliers de blessés). Devenu «général» et ministre de la Défense Nationale, il mena le coup d’État qui mit fin au processus électoral de décembre 1991 et couvrit encore une fois la torture, la déportation et l’exécution sommaire de dizaines de milliers d’opposants.

L’Algérie officielle a condamné le premier à 20 ans de prison par contumace, parce qu’il avait choisi de rejoindre le FIS en 1992 et de s’opposer au coup d’État. Pour elle, ce brillant chercheur de haut niveau est un dangereux «intégriste» qui veut «talibaniser» l’Algérie et ramener la société algérienne au moyen âge.

En revanche, elle use de tout son poids pour protéger le second contre d’éventuelles poursuites judiciaires par des tribunaux étrangers, suite aux plaintes déposées contre lui par des Algériens ayant subi la déportation et la torture de la part de l’armée qu’il commandait. Plus que cela encore : elle le considère comme un sauveur.

Voilà donc où en est arrivée l’Algérie après 50 années d’indépendance. Elle condamne à l’exil et fait emprisonner ses meilleurs enfants, dont les parents ont risqué leur vie pour que le peuple algérien recouvre la liberté et la dignité, et qui ont eux-mêmes fourni les plus grands efforts pour faire honneur à leur pays en se faisant reconnaître par les meilleures universités dans le monde. Elle protège, au contraire, et honore ceux dont le passé et celui de leurs parents est des plus douteux et dont les seuls exploits furent la mise en œuvre de la répression, de la déportation, de l’exécution sommaire, de la torture et de la disparition de centaines de milliers d’Algériens.

Paradoxe? Non, car tout devient clair lorsqu’on sait que l’État de l’Algérie indépendante est dirigé depuis bien longtemps par cette seconde catégorie d’Algériens et que tout, dans notre malheureuse Algérie, est fait pour étendre et maintenir leur pouvoir, afin qu’ils puissent amasser des fortunes colossales et laisser notre Algérie en héritage à leur progéniture.

ET UNE CENSURE

La contribution du Boycotté VICTIME des ciseaux du Chirurgien qui agit sur LQA:

Cher Adel,des fois emporté par ta soif de justice,tu t’égares dans des raisonnements un peu trop simplificateurs qui trompent l’opinion et nous éloignent de la réalité.Pour moi,les deux acteurs que tu mets en évidence ,ont joué le même rôle:celui de mettre à plat ce pays pour qu’il ne puisse  jamais se relever.L’homme à la casquette est connu de tous et il n’y a plus lieu d’en rajouter.L’homme à la barbe que vous ne cessez de glorifier et de monter en héros est de la même trempe.Seulement en ces temps de révolutions
islamisées on se fabrique les héros qu’on veut pour la circonstance.Mais le tiens n’a rien d’héroique malheureusement et sa famille non plus.D’après le biographie reproduite sur ce site je remarque que sa famille n’a perdu aucun de ses éléments pour la libération de l’Algérie.Au contraire ,ils ont bénéficié du beurre de la colonisation et de l’argent de l’indépendance,alors que d’autres les plus glorieuses qui sont restées anonymes ont sacrifié combien de membres de leur progénitures à la fleur de l’âge sans tirer aucun avantage de la libération du pays en mourant incognito dans un couloir d’hôpital-mouroir.Votre héros en question a eu,avec l’aide des parents et oncles instruits pour l’aider, a bénéficier des largesses de l’école pour laquelle des
martyrs sont tombés pour décrocher son bac avec mention et la bourse de l’état qui va avec et au USA svp!Ce n’était pas à la portée de tout fils du peuple ,il faut l’admettre.Et avec ça,je n’ai lu nulle part que ce bonhomme ait remboursé sa dette envers l’Etat en accomplissant son service national par exemple ou en mettant ses connaissances au service du peuple de son pays.Mais les fils du peuple eux,l’avaient fait,sans les avantages mais par devoir.Si ce bonhomme est arrêté en France arbitrairement ,il y a lieu de condamner la France et non pas l’Algérie.La France agit dans la défense de ses seuls intérêts et non dans l’intérêt de l’Algérie.Pour moi,et quelles qu soient les circonstances ,un citoyen qui laisse faire la destruction de
l’économie et des infrastructures de son pays,un citoyen qui ne condamne pas des tueries en masse de ses compatriotes et qui est sélectif dans les catégories de gens à défendre n’est pas différents des bourreaux,quels qu’ils soient,qui ont accompli ces actes.

Le vrai malentendu algérien :

Comment réconcilier les Algériens avec leur histoire

 

” Il a été décidé qu’on reparlerait, dès les petites classes, d’éducation civique, d’honnêteté, de courage, de refus du racisme et d’amour de la République. Il est dommage que l’école ne soit fréquentée que par les enfants. “

André Frossard

Mon attention a été attirée à la lecture d’El Watan par deux articles qui, en apparence, sont disjoints mais qui, en fait, se rejoignent. Il s’agit de la déclaration faite à l’Assemblée nationale française à l’occasion de Yennayer, le 12 janvier. Déclaration dans laquelle le président du MAK aurait dit que la guerre d’indépendance a été un malentendu. Qu’en est-il exactement? Dans la même livraison, un article sur la condition de l’École algérienne amène à questionnement.

La guerre de libération : un malentendu ?

Nadjia Bouaricha écrit en substance:

” Il est des moments dans la vie d’un homme qui marquent son heure de gloire ou de déclin. Ferhat Mhenni a eu droit à ce deuxième sort réservé à ceux de qui l’Histoire se détourne et continue son chemin. L’initiateur et promoteur du projet d’”autonomie-indépendance” de la Kabylie, Ferhat Mhenni, a franchi, dans sa quête de crédibilisation de ce projet, le seuil de l’indélicatesse et de l’affront.

Le chef du MAK a tenu des propos insultants vis-à-vis de la Kabylie et de la guerre de libération nationale et ce, dans l’enceinte même de l’Assemblée nationale française, à l’invitation de son ami député et ex-ministre UMP, Éric Raoult. (…) Enlever la Kabylie du sein de l’Algérie pour l’arrimer à la France n’est sûrement pas rendre justice à ce bastion de la résistance qui ne cessera jamais de revendiquer son algérianité, malgré les tentatives de division instrumentalisées par le pouvoir ou par des nostalgiques de “l’Algérie française” d’ici ou d’ailleurs. “(1)

Nous avons voulu voir ce qu’il en était de ce ” malentendu “, nous avons cherché en vain une trace de la commémoration de l’évènement sur le site de l’Assemblée française et même sur le site du député à la base de cette invitation du président du Mak. Rien! Nous nous sommes alors rabattu sur les sites. Ce que nous avons lu nous a rendu triste. Notamment ces phrases prononcées, je le reconnais, hors de leur contexte mais qui sont troublantes pour dit-on un fils de Chahid qui a donné sa vie pour cette Algérie trois fois millénaire. Nous lisons:

” La Kabylie n’ayant pas récupéré sa souveraineté à l’indépendance de l’Algérie, en 1962, par formalismes bureaucratique et protocolaire, son dossier a été transféré à l’État algérien qui en use et abuse pour éviter de refermer les plaies du passé qui compromettent la construction d’un avenir de solidarité entre nos deux peuples. (…) L’émergence d’une Kabylie de laïcité et de liberté ne peut que renforcer la communauté internationale éprise de paix et de stabilité.

Pour cela, il serait bon que cette même communauté internationale, à commencer par la France, reconnaisse à la Kabylie le droit à son autodétermination. Le Gouvernement provisoire kabyle a besoin du soutien de tous pour la réalisation de ce noble objectif. (…) Vous voyez à travers cet exposé que ce qui oppose aujourd’hui le pouvoir algérien à la Kabylie est bien plus lourd que le malentendu qui a pu exister de 1857 à 1962 entre la Kabylie et la France.” (2)

Pour l’orateur qui met sur le même plan le pouvoir algérien et le système colonial, le contentieux est juste un malentendu qui doit être dissipé par la Kabylie qui sera indépendante par le soutien de l’ancienne puissance coloniale! On peut comprendre sans l’excuser les réactions de désespoir qui amènent certains algériens ou en tout cas qui se sentent encore Algériens à ces extrémités du fait que l’Algérie s’est installée dans les temps morts par le refus de l’alternance, du débat d’idées, de l’émergence d’autres légitimités que celles qui “s’attrapent le fonds de commerce” de la glorieuse révolution de Novembre.

Il n’empêche! La colonisation en Algérie ne fut pas une ” œuvre positive ” pour les indigènes que nous étions. Il n’y a pas de malentendu. Certes, il y eut des hommes et des femmes qui ont bravé les interdits dépassé les fils invisibles qui séparaient les deux communautés et qui sont à nous au nom de la dignité humaine pour nous aider, nous secourir, nous enseigner.

Il vient qu’à la veille de ce cinquantième anniversaire, les Algériens sont plus atomisés que jamais. Pour arriver à cette extrémité prônée par certains de la partition, il faut bien – au lieu d’aller vers la facilité de diaboliser tous ceux qui pensent différemment- se poser les vraies questions. Qu’on se le dise! L’Occident n’aura aucun état d’âme pour arriver à ses fins! S’il faut aller vers la partition, il l’encouragera. Méditons l’exemple de la partition du Soudan, qui a donné lieu à un Sud-Soudan déchiré et la première visite du nouveau président a été faite à Israël. Triste et dangereux privilège, l’Algérie est de ce fait le premier pays d’Afrique par la surface et les ressources potentielles que dans notre ignorance et naturellement nous ne savons pas mettre en œuvre.

Si cette partition amenait à des CNT type Libye ou Syrie, que restera-t- il de cette Algérie qui, quoi qu’en pense le président du MAK, a été défendue ” min ta lata ” pour paraphraser Nahnah qui à sa façon parlait d’un être ensemble de Tizi à Tamanrasset et de Tlemcen à Tebessa. Nulle part, il ne fut question de partition ni de malentendu avec la France. La colonisation fut atroce et sans faire dans la concurrence victimaire on dit que l’occupation française par le fer et par le feu pendant 132 ans fut un véritable génocide au ralenti. L’Algérie aurait perdu 6 millions de personnes hommes femmes enfants et surtout, surtout le séisme d’un certain 5 juillet 1830 continue et pour cause à avoir des répliques dans nos imaginaires de nos jours. Nous n’avons pas réglé le contentieux multidimensionnel avec notre ancien adversaire intime. De là à trouver des vertus à la colonisation, ce n’est ni juste ni responsable.

Pour autant, cinquante ans après nous ne pouvons pas rendre responsable la France de nos errances multidimensionnelles. Nous sommes à la croisée des chemins. L’Algérie ne connaîtra pas le repos tant qu’elle n’aura pas réglé l’épineux problème du vivre, ensemble. Qui sommes-nous? Il a fallu cinquante ans pour qu’à doses homéopathiques les tenants du pouvoir lâchent du lest et admettent qu’il existe un ” fond rocheux berbère trois fois millénaire dans ce pays ” et qu’il y a près de quatorze siècles, l’Islam a permis – de mon point de vue- la conquête des cœurs. Comme l’écrit Charles-Robert Julien, l’avènement de l’Islam au Maghreb fut un gigantesque événement, pour la première fois la cloison étanche Orient-Occident fut ouverte ce que n’a pas pu faire le christianisme “.

Cependant, cette reconnaissance du socle berbère ne se traduisit pas dans la réalité du terrain. Résultat des courses: depuis l’Indépendance, et pour avoir étouffé cette dimension importante de la personnalité algérienne, un combat sourd a lieu entre ceux qui ont mis le cap sur les métropoles moyen-orientales dont on connaît les lamentables performances au nom d’une accabya mythique, d’autant que personne au Moyen-Orient ne veut ni n’aime les Algériens (n’avons-nous pas été traités de baltaguias par nos frères égyptiens à cause d’un match?) et les partisans d’un cap vers l’Occident qui nous prend encore pour des demeurés qui ont vocation à être de nouveau “colonisables” à distance….

Le vrai malentendu

Le résultat le plus tragique de ce ” vrai malentendu ” est la situation catastrophique du système éducatif algérien qui a lamentablement échoué. Nous formons des analphabètes. Pire, l’intelligence à l’état brut a été annihilée par la scholastique, le copier-coller, -les élèves ne réfléchissent plus- les fausses certitudes, le faux enseignement par de faux enseignants.

On dit qu’à peine un tiers des bacheliers mériterait le Bac Ce sont ces ” aigles ” qui arrivent dans le supérieur où faut-il le savoir, on sort avec un diplôme qui ne correspond, à un contenu cohérent pouvant permettre au titulaire de tracer son chemin dans la vie mais à un contenant à un temps de séjour dans ces grands ensembles incohérents que sont les universités.

Comme le diplôme ne sert généralement pas, la réussite sociale faisant appel à tous les critères en termes de combines, népotismes, passe-droits, voies détournées tels que le foot pour certains, la musique pour d’autres, chaque parent dans cet univers où chacun doit se débrouiller pour chercher le meilleur parcours quitte à se saigner pour assurer des cours parallèles voire carrément dans des écoles privées.

Quels sont les défis de l’avenir et où en sont les autres?

A titre d’exemple, la Chine est devenue la deuxième économie mondiale. Elle vient de réussir son premier rendez-vous spatial! China Aviation Industry Corp, après avoir lancé l’avion régional ARJ-21 de 80 places, compte fabriquer un avion de 150 places pour rivaliser avec l’A320 et le Boeing 737. Un ordinateur sur deux vendu dans le monde porte le label chinois qui ne concerne plus seulement les tee-shirts. Un des derniers slogans chinois ” Chuangxin! “: “Innovation!” du Parti communiste avait pour but de transformer le pays “d’une Chine qui fabrique en une Chine qui innove”.

Cela devrait finir par ouvrir les yeux des naïfs. La part du “high tech”, dans les exportations chinoises, est de 30% et, depuis 2004, la Chine est le premier exportateur mondial de nouvelles technologies, devant les États-Unis! La Chine, non seulement, copie, mais innove avec des dépenses de recherche et développement, en augmentation de 20% par an, qui ont dépassé celles du Japon et se situent au deuxième rang mondial derrière les États-Unis. 7,1 millions d’étudiants en science, médecine et ingénierie en 2004, 750 centres multinationaux de recherche et 1731 universités en 2007, 45 milliards de dollars en 2010 et 113 milliards de dollars en 2020 pour la recherche!” (3) En Algérie, nous sommes loin de savoir copier et encore moins d’innover!

Plus que jamais le slogan de ” tidjara chtara ” est d’actualité. Il résume assez bien l’économie de bazar actuelle, on ne sait plus rien faire et l’atavisme qui veut que les Arabes ne sont pas des bâtisseurs mais des marchands. Tout est importé jusqu’à quand? Tragiquement, un nouveau dada est enfourché, celui d’un nouvel eldorado des gaz de schistes qui permettrait de perpétuer ce farniente du “dormez braves gens” il y a encore des devises.

D’une certaine façon la politique économique actuelle est dangereuse car elle participe aussi à cette course accélérée vers l’abîme par une répartition de la rente pour les classes dangereuses où c’est la capacité de nuisance qui est le critère cardinal pour partager le butin de la rente. Si vous savez brûler des pneus, vous avez la chance de disposer d’un appartement que vous pouvez revendre puisque les députés en ont décidé ainsi mais vous n’aurez rien si vous êtes médecins, ingénieurs, bref si vous avez choisi la mauvaise foi de l’effort des études pensant à tort que le diplôme est un ascenseur social.

Le désir d’être ensemble à inventer

Que voulons-nous pour ce pays? Est-ce la perpétuation d’un pouvoir qui ne veut pas de l’alternance et qui est prêt à tous les compromis voire les compromissions pour rester en place et remettre aux calendes grecques la mise en place d’une Algérie heureuse où chacun se sentira acteur, chez lui et apporte sa contribution? Pourquoi ne cultivons-nous pas ce désir d’être ensemble pour former une nation? Pourquoi les Algériens se tiennent le ventre à chaque échéance électorale.

Justement à propos d’élections qui sont annoncées et, selon toute vraisemblance, à tort ou à raison on dit que les jeux sont faits et que l’islam politique fait un retour en force adoubé cette fois par l’extérieur -entendons par là l’Occident -qui ne voit plus de difficulté dans la dynamique du Printemps arabe qu’il a déclenché, de laisser diriger les pays arabes par des ” islamistes dits modérés ” nouveaux concepts permettant justement une mainmise sur des ressources sans pour autant donner une chance à ces pays d’émerger scientifiquement et d’être acteurs de leurs destins.

Nous voyons que cinquante ans après, tout reste à faire. Entre ceux qui veulent la partition du pays croyant sauver la Kabylie et plus largement ceux qu’on appelle pompeusement les démocrates laïcs qui n’ont rien compris aux pesanteurs sociologiques de l’Algérie et ceux qui prônent un islam politique, à géométrie variable en fonction des intérêts, les Algériens, musulmans depuis quatorze siècles, veulent savoir quel projet de société proposent ces “guides”. Ils veulent savoir au-delà des 300 mots creux de la langue de bois, quel est le programme de ces partis pour ramener la paix dans les régions.

Pensent-ils à une organisation type Landers allemands où chaque région dispose d’une autonomie dans le cadre d’un État fédéral qui est garant des fondamentaux, l’identité, les langues, la religion, les fonctions de défense régaliennes? Pensent-ils à un système éducatif en phase avec la marche du monde? Pense-t-il à une économie du développement durable avec une stratégie et un Plan Marshall pour les énergies renouvelables? Comment mettre au travail les Algériens et réhabiliter l’effort, le travail bien fait dans une Algérie ouverte tolérante qui ne fait pas de sa religion ni de ses cultures un fonds de commerce? Voilà les vraies questions qui intéressent les Algériens et qui pourraient donner aux Algériens l’envie de participer au débat, d’être acteurs de leurs destins et de ne pas laisser la place à ceux que le pouvoir intéresse plus que le devenir de cette Algérie qui nous tient tant à cœur.

Professeur Chems Eddine Chitour in Mondialisation.ca. le 23/01/2012

École Polytechnique enp-edu.dz

Notes

1. Nadjia Bouaricha : http://www.elwatan.com//actualite/ferhat-mhenni-et-l-insulte-aux-martyrs-19-01-2012-155502_109.php

2. http://www.tamurt.info/la-kabylie-a-l-honneur-a-l-assemblee-nationale-francaise,2193.html?lang=fr

3. Marc Rousset http://www.dazibaoueb.com/article.php?art=27397

TEL PERE,TEL FILS.

RASSEMBLEMENT À PARIS DES PRO-POUVOIR ET DES OPPOSANTS DU FIS
Un flop pour les uns comme pour les autres

Par  Khadidja Baba-Ahmed ,le Soir d’Algérie.
Au plus, une quarantaine de manifestants du côté de l’association Rachad et sensiblement le même chiffre pour les militants FLN qui leur faisaient face et qui sont venus soutenir Bouteflika «notre père, le meilleur des présidents». Beaucoup plus de policiers français en tenue et en civil que de manifestants. Autant dire un flop pour les uns comme pour les autres. Les soutiens à Bouteflika ont battu le rappel pour un piètre résultat en déclarant que Bernard-Henri Lévy allait accompagner «les traîtres de Rachad. Le philosophe n’était pas de la partie. Il a même été mis à l’index par Rachad qui a brandi une pancarte «BHL ami des généraux et des éradicateurs».
Très péniblement, deux très petits groupes se sont rassemblés et se sont fait face. Du côté de l’association Rachad, il y a eu clairement préparation du rassemblement. Le chef d’orchestre de l’association n’est autre que Mohamed Larbi Zitout, co-fondateur de Rachad, ancien diplomate en poste en Libye qui a déserté en 1995 pour rallier les responsables du FIS à Londres. Et depuis, il occupe sans relâche radios et télévisions dont celle de Rachad, sur le Net. Mercredi dernier, Rachad n’a pas manqué non plus de faire venir Al Jazeera TV qui a dû se démener pour donner l’illusion du nombre. De la quarantaine de militants qu’ils ont mobilisés, certains étaient des citoyens de pays arabes qui ont connu la révolution. Preuve s’il en est, selon un responsable de Rachad, que «la dictature a une fin et que la junte qui a accaparé le pays n’en a pas pour longtemps». Sur les deux grandes banderoles mises en avant, la fameuse photo de la madone de Bentalha du photographe de l’AFP et en format tout aussi grand des photos des généraux Nezzar, Toufik, Lamari et Saïda Benhabilès. En illustration, ce slogan : «20 ans barakat» et cet autre «Non aux pantins civils» ou encore «L’imposture continue, 20 ans après le coup d’Etat que reste-t-il de la république que vous disiez sauvegarder ?» Rachad a même eu recours à l’histoire – c’est une pratique devenue courante en ces temps – pour s’indigner : «Amirouche lève-toi et voit : ils pillent le pays sans foi ni loi.» Lorsque nous accostons un des animateurs de Rachad affairé à booster sa troupe et que nous lui demandons où était Bernard-Henri Lévy annoncé par les contre-manifestants comme devant prendre part au rassemblement de Rachad, il nous fit cette réponse : «Du mensonge, ces gens du pouvoir n’ont rien trouvé de mieux pour mobiliser, mais voyez le résultat. Comment voulez-vous que nous nous acoquinions à ce triste individu de BHL qui a soutenu le coup d’Etat et apporté son soutien aux généraux ?» Une pancarte bien au milieu du groupe de manifestants clame en effet : «BHL ami des généraux, des éradicateurs, dégage !» ou encore «BHL/Nezzar : même combat.» Du haut-parleur, la prise de parole du chef (l’ancien diplomate) promet la fin de ce «régime de pilleurs et de criminels ; les cinq généraux dont la plupart étaient des officiers français et qui ont fait un coup d’Etat alors que le ministre de l’Intérieur Belkhir lui-même avait reconnu les élections ». De l’autre côté, au plus près du siège de l’ambassade, fusent inlassablement des «One – two – three viva l’Algérie» et plus fort encore «Vive Bouteflika, Yahia Bouteflika». Dans notre édition de mardi dernier, où nous annoncions cette rencontre, nous nous demandions qui était ce «collectif d’associations des Algériens de France» dont nous n’avions jamais entendu parler ici en France et qui appelait à cette contre-manifestation. Eh bien, aux slogans et mots d’ordre de ce petit groupe, nous sommes fixés. Ce sont les mêmes qui clament — au nom de la stabilité que «Bouteflika a amenée à l’Algérie» à le garder pour une présidence à vie. Voulant probablement riposter aux manifestants de Rachad, quelques-uns se hasardèrent : «Le FIS casse-toi, l’Algérie n’est pas à toi.» En fait, l’unique slogan – après celui consacré au sauveur Bouteflika – est plutôt murmuré que clamé fort. Mais que pouvions-nous attendre des uns et des autres ? Pas grand-chose, à vrai dire, sinon une agitation qui part dans tous les sens et qui annonce bien d’autres, maintenant que les dates des législatives sont fixées à mai prochain.
K. B.-A.

PS: A propos du dessin:vous pouvez y voir un lièvre ou un canard,c’est selon.Seulement la matrice reste la même.

UNE DEMOCRATIE…à la tunisienne.

La nouvelle tendance du Ministère tunisien de l’Enseignement Supérieur !

On a tendance à oublier qu’à coté du Jasmin, le Printemps fait pousser, aussi, les Cactus !

Le fait d’armes le plus grave de la guerre d’usure proclamée par les Salafistes tunisiens contre la Révolution de Jasmin, qui va fêter, le 14 courant, son premier anniversaire, reste le sit-in dans les bureaux de l’administration de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba (FLAHM), établissement qui compte 8.000 étudiants.
Le 28 novembre 2011, un groupe de Salafistes, dont la quasi-totalité est étrangère à l’Université, ont bloqué l’accès aux salles pour les étudiants qui devaient passer des examens ou rejoindre des cours, tout en organisant un sit-in, qui perdure jusqu’aujourd’hui, dans les couloirs de la Faculté, et comme ailleurs, leur revendication principale est la levée de l’interdiction du port du Niqab dans l’enceinte universitaire. Suite à la décision prise par le Conseil Scientifique de l’Etablissement, relative au maintien de cette interdiction, les sit-inneurs se sont confortablement installés, cette fois-ci, dans les bureaux de l’administration, interdisant au Doyen d’accéder à son bureau, agressant des étudiants, des administratifs et des enseignants dont le Doyen lui-même ; un enseignant sera même transporté aux Services des Urgences. En outre, ces sit-inneurs, dont seulement trois éléments appartiennent à la FLAHM, ont ajouté une autre revendication, à savoir de mettre fin à la Mission du Doyen qui, rappelons-le, est élu par ses paires.
Suite à ces dépassements inacceptables, à la dégradation de la situation sécuritaire et devant l’impossibilité d’assurer la sécurité des étudiants, des enseignants et du personnel administratif et ouvrier, le Conseil Scientifique de la FLAHM, qui s’est réuni le mardi 6 décembre 2011, a décidé la fermeture de l’établissement universitaire jusqu’au départ des individus étrangers et à la levée du sit-in, et a demandé, par la voie du Doyen, à Moncef Ben Salem, nouveau Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (et membre historique du Parti Islamiste Ennahdha) l’intervention des Forces de la Sécurité Publique afin d’évacuer les sit-inneurs, alors qu’il s’était toujours refusé à une telle intervention jusque là. Cette demande d’intervention des Forces de la Sécurité Publique, bien qu’itérée par la suite plusieurs fois, n’a eu, jusqu’à ce jour, aucune suite. Entretemps, devant l’absence d’une décision forte de l’Etat sommant ces intrus à quitter les lieux, la situation s’est aggravée par l’augmentation du nombre de sit-inneurs et de leurs agressions, de tous genres, contre tous ceux qui oseraient s’approcher de leur territoire.
Aussi, la Fédération Générale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a appelé «  à un Rassemblement de Protestation pour le mercredi 4 janvier 2012, devant le Siège du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, pour la défense de l’autonomie et des valeurs universitaires et pour exiger le levée du sit-in des personnes étrangères à la FLAHM qui veulent imposer par la force et par la violence de nouvelles règles pédagogiques oubliant qu’il s’agit de règles que, seule la profession, a le droit de fixer  ». Parmi les slogans scandés en arabe, lors de cette Manifestation on, peut citer «  Ministre sans capacité de décider, rentre chez toi et garde la maison », dont une variante est « Ministre ne respectant pas sa parole, rentre chez toi et garde la maison », et, évidemment, le fameux « DEGAGE », scandé, comme il se doit, en français. Cette Manifestation, qui a rassemblé des milliers de personnes, a été, sauvagement, réprimée par les forces de l’ordre se trouvant sur place, comme l’a souligné un Communiqué de la Ligue Tunisienne des Droits de L’Homme, diffusée au cours du Journal Télévisé, le soir même, sur la Première Nationale, « condamnant énergiquement ces violences et exigeant du gouvernement la levée du sit-in qui prend en otage la FLAHM ». Ce qui a conduit plusieurs Mouvements et Associations de la Société Civile à appeler leurs adhérents à soutenir et à rejoindre ce Mouvement de Protestation des Universitaires. Il faut donc s’attendre à ce que la protestation prenne de l’ampleur.
Lors de ce Rassemblement, les présents ont assisté à une première sans précédent, même à l’époque de Zinochet et de Bourguiba, digne des régimes les plus rétrogrades de la Planète : à partir des fenêtres des plus hauts étages des bâtiments du Ministère, furent déroulées des pancartes où étaient inscrits des slogans haineux et diffamatoires, insultant et stigmatisant les enseignants de la FLAHM, en les qualifiant de mercenaires, de vendus, de responsables de la décadence de leur Faculté,…, ainsi que des slogans obscurantistes tel que : «  Le Niqab, composante de l’identité  » qui laissent présager la nouvelle tendance de ce Ministère !
Etaient-ils inspirés par celui qui traitait Ali Douagi, Abou el Kacem Chebbi, Tahar Haddad,…de« clochards » et d’ « idiots » ! Cf. à ce sujet mon Article intitulé « Tunisie : Une Question-Réponse qui en dit long sur Moncef Ben Salem, notre Ministre « annoncé » de l’Education ! »
Salah HORCHANI

UN CONSTAT…d’une société qui se meurt.

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